Les États généraux du film documentaire 2012 Les Territoires assemblés : l’image, la musique, le son

Les Territoires assemblés : l’image, la musique, le son


L’Image, la musique, le son — 1

Sensibiliser un large public, et plus particulièrement les professionnels et les étudiants, à l’espace de création qu’ouvre l’écriture du son et de la musique pour le documentaire de création s’inscrit dans les préoccupations des États généraux du film documentaire depuis plusieurs années.
De cette préoccupation est née en 1992 la programmation « Journée Sacem », devenue traditionnelle à Lussas, qui aborde régulièrement le lien entre la musique et l’image dans le documentaire de création.
Par ailleurs, deux temps de réflexion — le séminaire « Territoires du sonore » et l’atelier « Du côté des pratiques » — proposés lors de précédentes éditions, ont démontré la nécessité d’assembler ces territoires — l’image, la musique et le son — pour ouvrir un espace de créativité et de liberté au cinéma.
C’est dans cette dynamique que s’inscrit le parcours Territoires assemblés : l’image, la musique, le son qui se déclinera sur plusieurs journées lors de cette édition, en partenariat avec le Centre national du cinéma et de l’image animée et la Sacem.
La musique joue en effet un rôle aussi important que l’image dans la réussite d’une œuvre. Or ce rôle est encore trop souvent négligé ou sous-estimé. En témoigne la place extrêmement réduite de la musique dans la formation des réalisateurs, du cinéma dans celle des compositeurs et sa part souvent résiduelle dans le budget des œuvres cinématographiques et audiovisuelles.
Le parcours proposé ici est une réponse à ce constat de faiblesse unanimement partagé par les professionnels, le CNC et la Sacem. Il permettra de découvrir les dispositifs nationaux et régionaux d’aide à la musique originale, d’appréhender une collaboration à l’œuvre entre des réalisateurs et un compositeur avec l’atelier « Écrire et développer un documentaire de création », d’explorer le travail d’une compositrice, Marie-Jeanne Séréro, et d’un ingénieur du son, Daniel Deshays, et de voir ou revoir des films où la musique est placée au centre de la création.

L’Image, la musique, le son — 2

Journée Sacem

2012 marque la vingtième année de complicité entre les États généraux du film documentaire et la Sacem. Vingt ans de découvertes de documentaires musicaux de création, vingt ans de rencontres avec leurs réalisateurs, des compositeurs, des musiciens et des producteurs audiovisuels…
Et pour souligner ces vingt ans de compagnonnage, les États généraux du film documentaire ont eu la riche idée de proposer la thématique « Territoires assemblés : l’image, la musique, le son », thématique forte et chère aux cœurs des compositeurs membres de la Sacem, qui parsèmera le parcours des festivaliers.
La Sacem n’a de cesse de soutenir la production d’œuvres audiovisuelles ambitieuses sur la musique, de captations ou de musiques originales pour des œuvres documentaires de création et cherche à développer ses coopérations avec d’autres institutions telles que le CNC ou la Scam — grâce à qui s’ajoute désormais un soutien à la création musicale aux œuvres lauréates de « Brouillon d’un rêve ».
Aussi sommes-nous particulièrement heureux de pouvoir participer à l’ensemble de ce parcours proposé par les États généraux, notamment avec la table ronde décrivant les mécanismes d’aide à la création et à la production de musiques originales le 22 août, puis en déclinant certains aspects au cours de la traditionnelle journée de la Sacem à Lussas, où le dialogue entre image et musique au service de l’œuvre documentaire sera questionné.

Bons États généraux à tous !

Laurent Petitgirard
Membre de l’Institut, Président du Conseil d’Administration de la Sacem


Par ailleurs, il nous a semblé judicieux de modifier légèrement l’articulation de notre « journée Sacem » en l’inscrivant là encore dans le droit fil de cette trajectoire mêlée des écritures d’images et de musiques et en rendant public des dialogues entre réalisateurs et compositeurs mais aussi entre musicologues sur des œuvres documentaires projetées au cours de cette journée.
La matinée du vendredi 24 août sera consacrée à la projection du film documentaire de création Surgi de la brume dans un rugissement strident réalisé par Christine Marrou avec une musique originale de Jérôme Castel.
La réalisatrice et le musicien nous parleront de leur collaboration et de leur dialogue, de ces deux formes d’écriture au service de cette œuvre documentaire à l’esthétique raffinée. Cette matinée sera aussi un clin d’œil à la rencontre du 22 août puisque nombre de partenaires de la Sacem, passionnés par le dialogue entre image et musique, ont cru en cette œuvre et ont contribué à lui permettre de voir le jour — notamment la Scam en attribuant à Christine Marrou une bourse « Brouillon d’un rêve », le G.R.E.C. en tant que producteur et Gindou Cinéma. Et bien évidemment aussi, la Sacem par son soutien à la création et la production de la musique originale de Jérôme Castel.
S’en suivra un après-midi autour de Philippe Langlois, musicologue et chercheur, auteur de l’ouvrage Les Cloches d’Atlantis : musique électroacoustique et cinéma – Archéologie et histoire d’un art sonore. Accompagné de François Porcile et en illustrant ses propos de projections d’œuvres cinématographiques — dont certaines peuvent être retrouvées sur le site internet www.lesclochesdatlantis.com — il nous invitera à parcourir l’histoire des inventions sonores au cinéma « au croisement de la technique, de la musique et du cinéma, dans le sillage des compositeurs et des cinéastes les plus inventifs ».
Enfin, la journée se conclura par la projection de Voukoum réalisé par François Perlier, produit par Réel Factory et Extérieur/jour, auquel la Sacem a attribué cette année son Prix du film documentaire musical. Ce film est consacré au mouvement culturel Voukoum, implanté dès le début des années quatre-vingt à Basse-Terre (Guadeloupe), dont les membres se réapproprient leur histoire et leur identité pour mieux interroger l’histoire contemporaine.
Soulignons là encore que François Perlier a été accompagné dans les phases d’écriture de son œuvre par les Rencontres Internationales Henri Langlois, avec lesquelles la Sacem poursuit un partenariat régulier facilitant ainsi la rencontre avec le réalisateur : une rencontre fructueuse d’où est née le soutien à son film. Le prix décerné sera remis lors de de la soirée par Édith Canat de Chizy, compositeur, présidente de la Commission de la Musique Contemporaine de la Sacem et membre du jury qui a consacré ce film.

Aline Jelen (Action culturelle Sacem)


En partenariat avec le Centre National du Cinéma et de l’image animée (CNC) et la Sacem.