Les États généraux du film documentaire 2010 Le Cœur et la Marge

Le Cœur et la Marge


Jeudi 26 août, à 10h00, Salle 1

Depuis dix ans, le documentaire a littéralement explosé – ou implosé. En nombre d’heures, en audience à la télé, en formats, en écritures. Après la renaissance due à l’unité documentaire d’Arte, avec autour d’elle une poignée d’auteurs et de producteurs, il y a maintenant sur le marché une très grande variété de producteurs, d’auteurs, au point que le documentaire a contaminé les autres genres. Et pourtant, la télé friande de programmes utiles et peu chers, a entraîné un formatage de plus en plus grand. France Télévisions (malgré la signature d’un accord avec les producteurs promettant la « diversité » - mot dont personne ne saurait être dupe) comme Arte vont dans ce sens. Tant mieux si des œuvres résistent, et il y en a, mais la pente est évidente.
S’il y a toujours eu des films à la marge, autoproduits ou pas, la crainte actuelle est que la marge ne devienne une norme.
La marge est salutaire, et de toutes les façons, les cinéastes se débrouilleront toujours pour biaiser le système car c’est nécessaire, vital pour eux mais extrêmement frustrant aussi. La marge ne peut être la règle et le piège serait que l’économie ne devienne définitivement duale avec des films largement dotés pour les besoins de la télé et des films pauvres.
Pourtant, l’inventivité déployée pour maintenir la diversité est grande : de l’intermittence restée employeur aux diffuseurs courageux et désargentés, en passant par les bourses (aide à l’écriture au CNC, « Brouillon d’un rêve » à la Scam), ou encore les aides régionales, les aides au développement - parfois renforcées ! -, et à la production (subventions sélectives de la Procirep Angoa et autres).
Tout cela existe, tout cela est nécessaire. Mais comment faire pour produire en nombre suffisant des films que leur écriture, leur forme, leur audace condamneraient presque automatiquement à être rejetés par les principaux diffuseurs télé ? Entre la marge et le cœur du système (si l’on prend le pari que cœur et marge sont tous deux nécessaires), y a t-il désormais un risque de gouffre ?

Michel David


Débat en présence de Michel David (producteur Zeugma Films), Serge Lalou (réalisateur, producteur Les Films d’Ici), Gilles Padovani (producteur Mille et Une Films), Xavier Villetard (réalisateur).