Les États généraux du film documentaire 2008 École du doc

École du doc


Vendredi 22 août à 14h30 et 21h00, Salle 1

Les films présentés ici ont fait l'objet d'un travail en résidence d'écriture à Lussas. On imagine une retraite solitaire, le silence, une maison. Or, les résidents embarquent à six sur un radeau fragile mais chaque jour plus résistant, d'être à la fois porteur du film de chacun et de celui des autres. Quant à l'écriture... elle s'apparente à ce travail de transcription par lequel le dormeur s'efforce, au sortir de la nuit, de retenir l’éblouissement de son rêve. D'abord, l'exercice s'avère décevant, impuissant à rendre compte de la perfection d'une forme qui résiste à l'énoncé comme au rêveur lui-même. Mais peu à peu, du rêve rendu au langage, quelque chose se dessine, que l'on reconnaît et que l'on ne savait pas. Le travail en résidence s'efforce d'aider à ce que le film-rêve trouve dans le langage cinématographique la forme juste qui le relie aux autres. Cette forme apparaît peu à peu. Elle se construit dans le regard des autres passagers, dans tous ces films que l'on voit pour tenter de déchiffrer comment d'autres ont fait pour donner forme. Elle se construit dans l'écoute vigilante de passeurs comme J. Deschamps, P. Hanau, A.P. Mallard, E. Parraud, ou C.Vargaftig, réalisateurs qui engagent sans réserve leur propre questionnement dans la quête de ceux qui sont là. Après, tout reste à faire. Ces cinq films témoignent parmi tant d’autres, de l'entêtement de leurs auteurs à préserver, poursuivre, une fois quitté le radeau, la forme parfois fuyante de leur rêve. À l'encontre des injonctions de plus en plus pressantes de la soumettre au format.

Chantal Steinberg