Les États généraux du film documentaire 2006 Fragment d'une œuvre : Pierre-Yves Vandeweerd

Fragment d'une œuvre : Pierre-Yves Vandeweerd


À propos de mon cheminement de cinéaste
"Je pense, aujourd’hui plus encore qu’hier, que l’acte documentaire n’est pas anodin, dans le sens où l’expérience humaine qui le sous-tend ne laisse personne indemne : ni le cinéaste, ni ceux qu’il filme, ni ceux à qui le film s’adresse. Cet "art de la transformation" requiert pour chaque film, de la part du cinéaste, des personnes filmées, des spectateurs aussi, une prise de risque, une mise en danger. Car jusqu’à quel point sommes-nous prêts à nous laisser entraîner dans le rêve de l’autre ? Jusqu’à quel point cet autre qui nous regarde nous permettra-t-il de nous reconnaître dans l’image qu’il se fait de nous et qu’il donne à partager ?
Je pense aussi que "filmer le réel" implique plus que jamais pour le cinéaste la nécessité de trouver sa place dans le dispositif filmique et de l’assumer d’un bout à l’autre du récit. Il ne s’agit pas de la meilleure place, dans le sens de la plus valorisante, pour le cinéaste, mais de la place la plus juste dans le processus cinématographique ; celle qui fait sens parce qu’elle permet une autre circulation de la pensée entre les personnages du film, les spectateurs et le cinéaste. Une "place de passeur" qui octroie réellement à chacun la liberté de trouver son propre statut dans le film ou à partir de celui-ci, et de réagir et /ou d’agir à partir des enjeux qu’il initie.
Ces quatre films, je les ai réalisés en régions sahéliennes et sahariennes, au cours de ces dix dernières années. Bien que différents dans leurs écritures, ils s’inscrivent dans le prolongement des uns des autres. Chacun d’eux se nourrissant des expériences des précédents.
En ce sens, ces films sont le reflet de mon cheminement de cinéaste du réel."

Pierre-Yves Vandeweerd


Invités : Débat en présence du réalisateur.