Les États généraux du film documentaire 2005 Journée Sacem

Journée Sacem


Une fois n’est pas coutume, le vendredi des États Généraux de Lussas sera consacré à la création musicale comme partie prenante du film documentaire.

Du point de vue de la Sacem et de son action culturelle, le sujet ne semble pas devoir s’épuiser, tant les rencontres que nous faisons à longueur d’année avec des auteurs, réalisateurs et producteurs de documentaires sur la musique et ses créateurs nous renvoient chaque fois à des pratiques et à des approches sinon fondamentalement renouvelées, du moins personnelles, particulières.

La fidélité des professionnels et amateurs de films documentaires à notre rendez-vous de Lussas nous porte à croire que l’intérêt du public pour cette thématique musicale n’a pas cessé, lui non plus, de se ressourcer.

C’est donc assez librement, sans crainte de déplaire, et sachant que nous pouvions solliciter en amis votre curiosité, que nous avons souhaité cette année, en association avec l’équipe des États Généraux, renouveler quelque peu notre approche, ouvrir la focale, et élargir la question du documentaire musical de création à la création musicale et sonore pour le film documentaire.

Si les deux problématiques ne sont pas aussi symétriquement complémentaires que pourrait le laisser supposer cette inversion des termes, nous n’en dirons pas plus ici, et laissons à nos intervenants et invités de la « Journée Sacem » le soin de vous donner à voir et entendre comment elles participent d’un même questionnement sur la création audiovisuelle.
En relation avec la thématique « Cinémas et arts contemporains » de cette dix-septième édition des États Généraux du Film Documen-taire, notre matinée est consacrée à une carte blanche à Philippe Langlois, coordinateur de l’Atelier de Création Radiophonique de France Culture, auteur de documentaires musicaux, docteur en musicologie, spécialiste des procédés électroacoustiques au cinéma. À titre d’avant-goût, voici ce qu’il nous dit lui-même de la programmation qu’il a choisi de visionner et commenter à Lussas, et dont vous trouverez le détail en page suivante : « Développant les ressources techniques de l’appareil cinématographique, cinéastes et compositeurs se sont livrés à toutes sortes d’expériences à partir de la manipulation de la piste optique. Loin d’être anecdotique, le recours à des procédés de transformation du son crée avec l’image une dimension dialectique nouvelle qui n’est pas sans participer de la valeur poétique de ces films… ».

La programmation de l’après-midi a été confiée quant à elle – le choix de notre thématique d’ensemble pour cette journée lui doit beaucoup – à Bernard Favre, auteur-réalisateur de documentaires, mais aussi de fictions. L’œuvre de Bernard Favre est vaste et rare à la fois, trop dense en tous les cas pour être exposée ici en raccourci. Parmi ses multiples réalisations, ce n’est pas le nombre des sujets musicaux qui nous a donné envie de lui ouvrir cet espace de programmation à Lussas – en l’occurrence il n’a pas une carrière de réalisateur de film sur la musique – mais plutôt son intérêt actif pour la création musicale au cinéma, et plus précisément pour le film documentaire. Sur sa proposition, ce n’est donc pas un hommage à Bernard Favre que nous vous proposons, mais un hommage, par Bernard Favre, aux grands documentaristes dont l’attention s’est portée, avec une exigence particulière, sur la musique de leurs films.

Ici encore, nous vous aiguillons vers la page suivante pour le détail du très beau programme que nous présente Bernard Favre, mais sachez dès à présent que vous pourriez y retrouver des films que Philippe Langlois aura pu aborder en matinée. N’en soyez pas étonnés : il n’y a rien d’anormal finalement à ce que différentes approches du lien entre la musique et le film documentaire nous renvoient, comme autant d’éclairages complémentaires, à une seule et même problématique de création et aux œuvres emblématiques qui sont autant de repères pour en saisir l’enjeu.

Sur un tout autre plan, dans l’actualité de sa relation avec la production de films documentaires, la Sacem fait l’expérience de ces convergences par la mise en œuvre de son action culturelle dans le domaine audiovisuel musical. Nous avions eu l’occasion l’année dernière, dans ce même édito, d’esquisser quelques constatations issues de l’expérience de notre programme d’aide à la production de documentaire musical de création. Notre thématique à Lussas cette année, construite en association avec l’équipe des États Généraux sur une proposition originale de Bernard Favre, se trouve coïncider avec la mise en place par la Sacem d’une aide à la musique originale, proposée depuis janvier aux producteurs de films documentaires de grand format (80 min et plus). Que les professionnels présents à Lussas n’hésitent pas à nous approcher pour en savoir plus et nous faire part de leurs retours sur ce dispositif nouveau.

Toujours en relation immédiate avec notre action culturelle, et pour conclure le programme de notre vendredi à Lussas, le Prix Sacem du Meilleur Documentaire Musical de Création sera remis cette année, en ouverture de la soirée, à Serge Leroux pour son film intitulé Genève au son du temps, documentaire consacré au compositeur Michael Jarrell, produit par Jean-Philippe Raymond (Hibou Production). François Bayle, président de la Commission de la Musique Symphonique de la Sacem, remettra également une Mention Spéciale à Jacques Goldstein pour sa coordination d’une œuvre collective de recréation intitulée Jungle Blue, réalisée à l’occasion du festival Banlieues Bleues 2004 sur une initiative de Stéphane Jourdain (La Huit). Ces deux films, si différents par leur format, leur mode de production, et l’intention qu’ils expriment dans la relation au sujet musical, ne manqueront sans doute pas d’illustrer la grande diversité des pratiques évoquée en ouverture de cet avant-propos. Mais qui s’en plaindrait ?

Bon festival et bonne journée Sacem à tous.