Les États généraux du film documentaire 2005 Scam : Brouillon d’un rêve

Scam : Brouillon d’un rêve


Force est de constater le succès grandissant de la bourse « Brouillon d’un rêve » auprès des auteurs. S’il souligne le rôle actif de la Scam dans le soutien à la création, ce succès renvoie aussi à la situation précaire du documentaire de création à la télévision et au cinéma, où les œuvres trouvent rarement la place qui est due à ce genre majeur.

Nous voyons affluer de nombreux projets de cinéastes confirmés et talentueux, aux côtés de plus jeunes, mais tous n’ont, dans certains cas, que « Brouillon d’un rêve » comme espoir de soutien en amont, pour la poursuite d’une œuvre personnelle et exigeante.

Le conseil d’administration a confié cette mission de soutien, cette année, à un jury composé de Françoise Wolf, Sophie Bruneau, Claude Guisard, et à cinq lecteurs, Jacques Krier, Olivier Horn, Cathie Dambel, Anne Georget, Luc Verdier-Korbel, lesquels examinent plus de 80 projets par session, soit près de 500 projets par an. Le budget 2004-2005, pour 17 mois s’élevait à 380 000 euros (dont 150 000 euros de dotation exceptionnelle).
Il a permis de soutenir 67 projets. Pour l’année 2005-2006, il a été maintenu à 230 000 euros pour une période ramenée à 12 mois.
Les chiffres sont tout autant révélateurs.
De 1993 à 2005 : 356 projets aidés. De 1993 à 2003 (en tenant compte d’un délai de réalisation de deux ans) : 299 projets aidés, dont 185 films terminés soit 62 % ; outre les salles, 60 % sont accueillis par des télédiffuseurs, 28 % sur Arte, 24 % sur le câble, 11 % sur la RTBF, 13 % sur France 3, 9 % sur France 3 Régions, 7 % sur France 2, 4 % sur France 5 et 4 % sur Canal +.

Les sept films présents à Lussas, dans le cadre de cette carte blanche à « Brouillon d’un rêve », témoignent pour tous les projets encouragés, de cette résistance, fidèle au geste documentaire : Devenir de Loredana Bianconi, un film miroir sur le devenir d’une génération de femmes ; Kizu, les fantômes
de l'unité 731 de Serge Viallet, (kizu, la plaie, en mandchoue) autour d’un secret étouffé pendant 50 ans ; De profundis de Laetitia Miklès et Olivier Ciechelski, film plongé dans le silence et la nuit ; Le Monstre dans la forêt de Louise Faure et Anne Julien, autour de Jean Tinguely et d’une œuvre d’art elle-même créatrice ; Clejani – histoires, stories, povesti de Marta Bergman et Frédéric Fichefet, des jeunes musiciens, entre la drogue et l'espoir de partir en Occident ; Au fin moka de Boris Joseph, délicieux huis clos dans un café parisien ; Un dragon dans les eaux pures du Caucasse de Nino Kirtadzé, un village
géorgien qui refuse de céder face à un oléoduc, une lutte inéquitable entre deux mondes.